La mémoire du Goncourt est bien gardée

Les archives de l’Académie Goncourt sont entreposées depuis une vingtaine d’années à Nancy. Un fond prestigieux qui demande un travail minutieux et attentionné.

D’abord entreposée à la bibliothèque de l’Arsenal, à Paris, où elle sombrait dans l’oubli, la mémoire de l’Académie Goncourt a été transférée en 1988 aux archives municipales de Nancy (Meurthe-et-Moselle) sur demande d’Hervé Bazin qui présidait à l’époque l’illustre institution. Une démarche logique puisque Edmond Huot de Goncourt, initiateur du futur prix portant son nom, est né dans la capitale lorraine. « Les archives Goncourt sont composées de dépôts effectués par certains membres de l’instance ou leurs héritiers et, surtout, par des documents issus du fonctionnement quotidien de l’Académie », explique Daniel Peter, directeur des archives municipales de la cité ducale. « Le tout représente 21,10 mètres linéaires, soit à peine 0,30 % des sept kilomètres de pièces conservées dans nos murs ».

Le fonds contient essentiellement de la correspondance, des délibérations du jury et des coupures de presse. On y trouve aussi des manuscrits ainsi que des photographies, des peintures et quelques sculptures. « Il comporte des documents forts intéressants et souvent amusants dont les signataires s’appellent Blanqui, Daudet, Clemenceau, Loti ou encore Barrès », énumère Daniel Peter. Chaque année, une douzaine de chercheurs du monde entier viennent effectuer des recherches dans les archives Goncourt, consultables uniquement sur autorisation de la présidente de l’Académie. Un chiffre modeste qui s’explique par l’étroitesse du sujet.

« Plusieurs membres du jury sont venus voir le fonds, notamment Bernard Pivot et Edmonde Charles-Roux qui s’intéresse beaucoup à sa mise en valeur », indique l’archiviste. « Il faut éviter de le sanctuariser. C’est comme un livre : il ne sert à rien de le ranger dans une bibliothèque sans jamais l’ouvrir ».

Philippe Peter

France-Soir, mardi 27 octobre 2009



Publicités