39 spéléologues ont entrepris, samedi, une nouvelle exploration du gouffre de Padirac. Ils vont tenter de découvrir de nouvelles galeries.


Obscure et mystérieux, l’immense gouffre de Padirac passionne les férus de spéléologie depuis 120 ans. Cette année, ce sont près de 400.000 visiteurs qui ont parcouru sa rivière souterraine. Explorée pour la première fois en 1889 par Édouard-Alfred Martel, cette cavité abyssale n’a néanmoins pas encore livré tous ses secrets. Une nouvelle expédition, entamée samedi, va donc tenter de les percer. Pendant une semaine, 39 spéléologues exploreront cet entrelacs souterrain où règne un silence absolu. Ils s’enfonceront « dans le vrai noir, le vrai silence », comme le décrit Anthony Lescale, un membre de l’équipée. Un environnement hostile où le taux d’humidité atteint les 95 % et où la température moyenne ne dépasse pas 13 degrés.

Le but de cette mission est « de faire progresser la connaissance du gouffre en recueillant des informations sur la topographie, la faune, la géologie… », explique Jean-François Fabriol, coordonnateur de ce périple souterrain pour le comité départemental de géologie du Lot. En plus de ce programme d’étude, il espère bien « découvrir de nouvelles galeries ». Pour cela, plusieurs équipes totalement autonomes, dont des plongeurs, exploreront différents chemins déjà répertoriés et tenteront de découvrir de nouveaux boyaux jusqu’alors inexplorés. Deux hydrogéologues « vont poursuivre les études menées pour comprendre comment s’est formée la cavité » tandis que des spéléologues chevronnés s’attaqueront « à la désobstruction d’un passage pour tenter d’atteindre un réseau dont on ne connaît que deux kilomètres », indique Jean-François Fabriol. Une étude sur les animaux cavernicoles sera également menée notamment sur un petit escargot d’eau endémique, une variété de petite crevette ou encore les onze espèces de chauves-souris qui peuplent les lieux.

Pour le visiteur du gouffre de Padirac, site souterrain le plus visité de France, le choc vient d’abord du vaste puits de 35 mètres de diamètre et 75 mètres de profondeur dans lequel il plonge pour accéder à la cavité où coule la rivière souterraine. Il parcourt ensuite à pied et en barque 2 kilomètres aménagés pour admirer un site unique, où la voûte de la salle du Grand Dôme culmine à 94 m. En tout, ce sont près de 40 kilomètres de souterrains façonnés par l’eau au fil des millénaire qui ont déjà été découverts.


P.P.

France-Soir, lundi 26 octobre 2009

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