Pour Jean-François Janoueix et Jean-Michel Cazes, la restauration de leurs villages est l’occasion de préserver un patrimoine tout en attirant les touristes.


Jean-François Janoueix et Jean-Michel Cazes, propriétaires de vastes domaines et d’appellations « Grand cru » classées dans deux régions phares du Bordelais, ont entrepris la restauration de leurs hameaux. Les deux septuagénaires affichent le même attachement pour les vieilles bâtisses de vendangeurs qu’ils ont connu lorsqu’ils étaient enfants, mais ils parient également sur une activité en plein essor : l’oenotourisme.

Sur la place pavée de Haut-Sarpe, près de Saint-Emilion, l’enseigne de la Poste rurale et une vieille pancarte proclamant « Au revoir la vigne, bonjour le vin » ont été conservées. Tout près, un tailleur de pierre travaille à la réfection d’une façade. Une petite boîte de nuit, un réfectoire, un moulin et bientôt un four à pain. En tout, une dizaine de maisons vieilles de 200 à 300 ans abandonnées après la Seconde guerre mondiale ont été restaurées aux frais de Jean-François Janoueix qui affirme vouloir « que le village soit refait comme autrefois, avec l’atmosphère d’antan ». « Les grands châteaux se fichent de ces maisons modestes. Quand on les démolit, on gagne quelques pieds de vigne mais nous perdons tout un pan du passé », déplore-t-il. Le propriétaire veut que tout reste authentique car le « village n’est pas seulement pour les touristes, c’est un lieu où l’on vit ».


20.000 visiteurs par an


A quelque 90 kilomètres de là, dans le Médoc, Jean-Michel Cazes a de son côté reconstruit et réhabilité de fond en comble le hameau qui jouxte ses chais de Lynch-Bages. Quand il a repris la propriété familiale, en 1973, cet ex-ingénieur informatique « ne connaissait pas bien le vin » mais était persuadé que « le tourisme viticole était un atout ». Quand son architecte lui a conseillé de raser le hameau de son enfance pour agrandir ses chais, il a décidé d’en faire à sa tête et de créer « un lieu où l’on arrive à faire venir des touristes, où ils se retrouvent non pas dans une réserve d’indiens mais où ils rencontrent des locaux ». Et Jean-Michel Cazes sait de quoi il parle puisqu’il reçoit 20.000 visiteurs par an dans sa seule exploitation de Pauillac et doit déjà 20% de son chiffre d’affaires au tourisme.


P. P.

France-Soir, mercredi 21 octobre 2009

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