Lassé des tomates bon marché mais fadasses, le maraîcher s’est décidé à cultiver des variétés oubliées respectant les normes de l’agriculture biologique.

En pleine saison, trois cents kilos de tomates ananas, de Noire de Crimée ou encore de Rose de Berne quittent chaque semaine le jardin de Jacky Mercier pour la capitale. Ces tomates, cultivées avec amour à Fontenay-sur-Dive sur cinq parcelles d’une superficie totale de deux hectares, sont toutes différentes de goût, de couleur et de forme. « Il en existe environ 750 variétés et j’en cultive 130. Je suis le seul en France à proposer un choix aussi large », se félicite le maraîcher. « Cultivées avec soin, elles sont ramassées à la main dans la journée et partent le soir même. Pas question de camion frigorifique », insiste-t-il.

« Un jour, j’en ai eu assez de cultiver des tomates vendues sur les marchés un demi-franc le kilo. J’ai arrêté et fait différents boulots », se souvient le jardinier de 52 ans. Sept ans plus tard, il revient néanmoins vers ses « premières amours » mais choisit de se tourner vers les légumes oubliés et franchit le pas du bio. Son potager produit vingt tonnes de légumes par an, tous cultivés en plein champ. « Pas de serres chez moi », précise-t-il.

Au George V et au Sénat

Le maraîcher, moustache grisonnante et épaisse, retrouve alors avec plaisir les marchés locaux sur lesquels le succès de ses produits est immédiat. Le bouche à oreille fait le reste. Ses tomates, mais également ses aubergines violettes, ses courges langue de Nice ou encore ses petits poireaux se retrouvent vite sur plusieurs grandes tables de la région. Aujourd’hui, certains restaurants étoilés parisiens comme le George V ou le Meurice, de même que les cuisines du Sénat et de l’Assemblée nationale ont pris l’habitude de s’approvisionner chez lui.

La notoriété n’a néanmoins pas changé l’homme. Il continue à faire les marchés « pour le contact direct avec les gens ». Sans oublier l’organisation d’une grande fête annuelle en août sur ses terres, pour recueillir des fonds destinés à des associations caritatives. La qualité et l’excellence ont néanmoins un prix. Les tomates d’antan de Jacky Mercier se vendent 15% plus cher que leurs homologues bios. Rue Montorgueil, en plein coeur du Paris bobo, elles étaient proposées en septembre à 13 euros la cagette de 2 kilos.

P.P.

France-Soir, samedi 17 octobre 2009

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