La terre crue est à l’honneur à la Cité des Sciences qui accueille une exposition inédite intitulée « Ma terre première : pour construire demain ».

Bauge, pisé, torchis et adobe. Toutes ces méthodes traditionnelles de construction en terre crue sont présentées à la Cité des Sciences de Paris dans le cadre de l’exposition « Ma terre première : pour construire demain », qui s’y tiendra jusqu’au 27 juin. Elles ont toutes été utilisées en France par le passé. L’adobe (briques de terre séchées) dans le Sud-Ouest, la bauge (empilement de mottes de terre mélangées à de l’eau et de la paille) en Bretagne, le torchis (remplissage d’une structure en bois) en Alsace et le pisé (compilage de couches de terre dans des coffrages en bois) en Rhône-Alpes. Pas question toutefois de se limiter à un cours d’histoire puisque l’utilisation de ce matériau écologique pourrait largement se développer dans l’avenir.

Meilleur bilan carbone

La terre crue, qui n’a donc subi aucune transformation chimique, « est une alternative à la construction en bois ou en béton », affirme Sophie Bougé, la commissaire de l’exposition. Tout cela reste néanmoins très théorique pour le moment dans la mesure où aucun procédé capable de rendre ce matériau exploitable à l’échelle industrielle n’existe à ce jour. Sous nos pieds, entre la couche de terre végétale et la roche, la terre minérale utilisable pour bâtir des murs se présente sous forme de grains en général sphériques, sauf pour l’argile, constituée de minuscules plaquettes. N’ayant pas besoin d’être transportée sur de longues distances, ni d’être cuite, elle possède un bilan carbone incomparablement meilleur que celui du béton. Autre différence avec celui-ci : la terre crue est recyclable. Résultat : une maison en terre est naturellement climatisée et très bien isolée.

L’idée de cette exposition « est de faire comprendre comment on passe du tas de terre au mur construit » explique Sophie Bougé. Pour obtenir une bonne construction, il est nécessaire de bien mélanger des grains de tailles différentes afin de combler les trous. Ceux-ci ont malheureusement tendance à se trier naturellement. « Quand vous ouvrez votre paquet de corn-flakes, les gros pétales sont en haut et les petits en bas. C’est très difficile d’avoir un paquet homogène », illustre la commissaire. L’eau est également un élément très important. Les grains d’argile ont tendance à l’emprisonner et à créer des bulles qui ne sèchent jamais. Certains murs en terre ont ainsi conservé leur humidité pendant des milliers d’années.

P. P.

France-Soir, mardi 13 octobre 2009

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