La crise du logement est redevenue une réalité depuis une dizaine d’années. Elle est plus durement ressentie en Ile-de-France, région densément peuplée.


Exigences de garanties de plus en plus lourdes, tarifs exorbitants, inadéquation de l’offre et de la demande. Ce n’est pas un scoop, trouver un logement en Ile-de-France est devenu un véritable calvaire. Une étude récemment menée par l’Insee révèle que si la croissance de la population francilienne s’est accélérée depuis le début des années 2000, le niveau de la construction est quant à lui au plus bas depuis trente ans. Le parc immobilier étant dans l’incapacité de satisfaire la demande de logement, les coûts continuent à augmenter de manière exponentielle et frisent, dans certains cas, l’indécence. Un chiffre illustre cette crise profonde : les acquisitions des Franciliens en 2006 coûtaient 70% de plus qu’en 1996 ! Un record. Si le prix du mètre carré tourne en moyenne autour de 1.700 euros en province, il atteint 2.800 euros en Ile-de-France. Des chiffres qui n’empêchent pas les Franciliens de privilégier l’accès à la propriété puisque près de la moitié d’entre eux sont propriétaires occupants.


Manque de HLM


L’Insee brosse un tableau encore plus sombre de l’offre locative qui ne parvient plus à suivre le niveau de la demande. Le constat est même alarmant en ce qui concerne les HLM qui sont très loin de satisfaire les besoins en logements sociaux. La situation n’est d’ailleurs pas prête de s’améliorer dans la mesure où un grand nombre de constructions datant des années 50 et 60 devraient être détruites dans les années à venir. Les nouveaux immeubles devraient tout juste suffire à les remplacer.

Conséquemment, le coût du logement a beaucoup augmenter entre 2002 et 2006 et sa part dans le budget continue à s’accroître. Deux tiers des Franciliens remboursent actuellement un emprunt immobilier ou payent un loyer. Évidemment, la situation est particulièrement difficile pour les ménages modestes qui sont très sensibles aux variations du prix du logement et qui occupent environ 40% du parc HLM. Néanmoins, faute de places suffisantes, de plus en plus de ces ménages à bas revenus se voient obligés de se tourner vers le secteur locatif libre plus cher et plus astreignant. Un cercle vicieux que ne parviennent, pour l’instant, pas à enrayer les politiques d’aide à l’accession à la propriété.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 13 octobre 2009

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