A l’occasion de la Fête du vin nouveau, le village d’Itterswiller propose, dimanche, de découvrir ce breuvage traditionnel de la saison des vendanges.


Pétillant, trouble, délicieusement sucré, le vin nouveau est la boisson incontournable de toutes les tables alsaciennes en cette période de vendanges. Quoi de plus normal pour un village viticole tel qu’Itterswiller de le mettre à l’honneur lors de la 19ème Fête du vin nouveau qui se tiendra dimanche, dès 12 heures, sur la place de la mairie. Au menu : choucroute, planchette vigneronne et autres réjouissances gastronomiques locales, le tout évidemment copieusement arrosé de vins du terroir.

Le vin bourru, appelé neier siasser en alsacien – ce qui signifie littéralement « nouveau sucré » – est un breuvage unique. Issu de la presse des premières grappes, il n’est produit que pendant un laps de temps très court, à peine quelques semaines au début des vendanges. Sorte de jus de raisin toujours en fermentation, il exhale une odeur de moût et de levure caractéristique. Le vin nouveau se déguste jeune – il est alors sucré et légèrement aigrelet – ou mature et plus alcoolisé, selon les goûts. La coutume veut en tout cas qu’il soit accompagné de noix, de châtaignes, de pain de campagne et de lard.

La dégustation du neier siasser était autrefois associé à la Saint-Martin – célébrée le 11 novembre – date à laquelle le cycle viticole annuel est en principe terminé. Il s’apprécie désormais dès la mi-septembre et jusqu’à la fin du mois d’octobre.


Ne pas coucher les bouteilles !


Le neya, sa dénomination dans le Haut-Rhin, ne prétend pas rivaliser avec les meilleurs gewurztraminer ou riesling. Il doit essentiellement être considéré comme une boisson conviviale et festive. Vin de saison par excellence, il annonce l’arrivée de l’automne et les Alsaciens aiment à le déguster entre amis autour d’une grande table abondamment garnie, même s’il est également proposé en pichet dans les winstubs.

Un conseil néanmoins pour ceux qui désireraient en acheter pour le déguster tranquillement chez eux : il ne faut jamais coucher les bouteilles ! Elles ne comportent pas de bouchon mais juste une fine feuille de papier aluminium percée qui permet au CO2 émis par le breuvage en fermentation de s’échapper.

Renseignements : 03.88.92.41.30.

Philippe Peter

France-Soir, samedi 10 octobre 2009

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