Bakkour Kattan n’est jamais en panne d’idée lorsqu’il s’agit d’améliorer le quotidien de ses semblables. Il vient de créer un nouveau système de siphon antifuite.


Observateur, consciencieux, ingénieux. Tous ces adjectifs correspondent parfaitement à un personnage bien connu du boulevard Charlemagne, à Nancy. Depuis 22 ans, Bakkour Kattan y tient un magasin de photocopies, « une nécessité pour nourrir ma famille », confie-t-il. Car sa motivation est ailleurs puisqu’il passe le plus clair de son temps libre dans un atelier secret installé dans son arrière-boutique. Cette véritable caverne d’Ali Baba regroupe la plupart de ses quelques 400 inventions, toutes plus incroyables les unes que les autres. Déambulateur transformable en canne, poussette pour monter les escaliers, essuie-glace réglable ou encore sac aspirateur universel : Bakkour Kattan cherche des solutions pour tout.

« J’ai réalisé mon premier objet à l’âge de huit ans », raconte-t-il. « C’était un système de laser pour faire fondre le plastique, mais il ne marchait pas très bien ». Depuis, il s’est largement rattrapé puisqu’il a déjà obtenu environ 80 prix lors de multiples concours de Géo Trouvetou. Il vient d’ailleurs tout juste de décrocher une médaille d’or au concours Lépine et le premier prix de Brico-d’or pour sa dernière invention : un système de siphon antifuite. « Il n’y a pas de vis, donc un simple serrage suffit », détaille-t-il. Il en a même décliné une version à clips et un modèle avec charnière qui évite d’avoir à démonter la colonne du lavabo. « J’observe beaucoup les gens et j’essaye de trouver des solutions à leurs problèmes du quotidien », explique-t-il. « Je veux simplement aider, être utile à la société ».


Pas de soutien


Cette frénésie créatrice semble avoir frappé plusieurs générations de Kattan puisque le père de Bakkour était lui aussi très bricoleur. Et le génial inventeur d’ajouter fièrement : « Mon fils vient de réaliser son premier prototype, un système qui empêche les crayons de se casser ».

Bakkour Kattan cherche désormais à commercialiser ses inventions. « Plusieurs de mes prototypes intéressent des industriels voire même des magasins de bricolage », annonce-t-il, « mais ils ne veulent pas s’engager, c’est toujours pareil ». L’inventeur a déjà dépenser beaucoup d’argent pour breveter ses produits, mais n’obtient toujours pas de retour de la part des partenaires potentiels. « L’État et les collectivités locales ne m’aident pas non plus alors que mes créations sont utiles et sont conçues pour être pérennes », fulmine-t-il. « De toute façon, on parle beaucoup d’écologie et d’économie, mais ce n’est que du vent car personne ne veut de produits durables ; il faut consommer donc tout le monde veut du jetable et c’est bien dommage », conclut-il. Les négociations semblent néanmoins bien avancées concernant son biberon hygiénique et son siphon antifuite qu’il espère voir prochainement commercialisés.


Philippe Peter

France-Soir, mercredi 7 octobre 2009

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