En 1959, la commune de Suresnes et celle d’Hann. Münden signaient un pacte de jumelage. 50 ans plus tard, les deux villes ont décidé de prolonger l’aventure.


Le 2 octobre 1959, la ville de Suresnes et celle d’Hann. Münden (Basse-Saxe) décidaient de s’unir par un acte de jumelage. Cinquante ans plus tard, alors que ce « contrat de mariage » arrive à son terme, les deux communes ont entrepris de le reconduire. Samedi dernier, Christian Dupuy, maire de Suresnes et Klaus Burhenne, maire de Hann. Münden ont ainsi conclu cette nouvelle union en présence de Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes. Cette fête sera par ailleurs accompagnée d’une série d’évènements festifs et culturels jusqu’en mai 2010.

Le jumelage entre deux villes est aujourd’hui devenu une action anodine, voire banale. Près de 4.000 communes françaises sont concernées par de telles alliances. L’atmosphère n’est néanmoins pas la même en 1959. A l’époque, 14 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, cette décision n’a en effet pas le même impact. Le souvenir du conflit sanglant est encore bien présent dans toutes les mémoires et plusieurs manifestations s’opposent d’ailleurs au jumelage. L’union, envisagée depuis quelques années déjà, se fait tout de même, malgré les oppositions. Aujourd’hui, plus personnes ne pense à la regretter.


1.500 enfants depuis 1959


Dès la fin des années 50, les échanges, notamment scolaires et culturels, se développent rapidement entre les deux partenaires. Lors de leurs voyages scolaires, les écoliers français s’émerveillent devant les fameux portails et les maisons à colombages d’Hann. Münden tandis que les élèves d’Outre-Rhin découvrent une ville du bord de Seine où l’on cultive la vigne et où sont produits les camions Simca, les avions Mirage ou encore les parfums Coty.

Les choses ont aujourd’hui bien changé et les petits Français préfèrent désormais emmener leurs correspondants allemands déambuler dans les ruelles de Montmartre, observer la capitale du haut de la Tour Eiffel ou encore faire du lèche-vitrine sur les Champs-Elysées. Depuis 1959, près de 1.500 enfants ont participé à ces échanges.

Le jumelage entre Suresnes et Hann. Münden constitue, à un niveau certes modeste, un exemple d’acte ayant participé à la réconciliation franco-allemande, notamment en déculpabilisant les jeunes Allemands. Car, si l’eau a eu le temps de couler sous les ponts depuis la fin de la guerre, ce souvenir douloureux entraîne encore trop souvent des réactions déplorables.

Renseignement : www.jubile50.suresnes.fr

Philippe Peter

France-Soir, mardi 6 octobre 2009

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