En plein cœur des Cévennes, tout près de la commune d’Aujac, un groupe de passionnés s’est mis en tête d’établir un village médiéval expérimental au sommet d’une colline. Un projet qui devrait s’achever vers 2020.


Le pari peut sembler loufoque : construire un village médiéval évolutif sur un terrain de 120 hectares perdu au fin fond de la forêt cévenole. Pour l’équipe dite des « Fous de la Sogne » il n’en est pourtant rien. Passionnés d’histoire et d’archéologie, amoureux de la nature ou simplement volontaires pour une entreprise hors du commun, ils sont une dizaine à travailler en permanence sur le site. « Notre projet s’inspire de celui du château de Guédelon, en Bourgogne », explique Frédéric Dussaud, président de l’association de recherches archéologiques et historiques (ARAH). « La grande différence réside dans le fait que toutes les personnes qui travaillent à l’érection du village de la Sogne sont bénévoles », précise-t-il.

Aménagé sur une parcelle en pente et structurée en faïsses (des terrasses qui ont servi à la culture vivrière du 17e au 19e siècle), le hameau est envisagé comme un véritable laboratoire expérimental. « Nous allons utiliser et étudier des techniques de construction utilisées entre l’an mil et le 12e siècle », décrit Frédéric Dussaud. « Nous voulons aussi être autonomes le plus rapidement possible », affirme-t-il. A proximité du chantier coulent deux rivières dont l’eau sert d’ores et déjà à l’approvisionnement du village. Le village de la Sogne étant situé en plein cœur d’une forêt de chênes et de châtaigniers et à proximité d’une carrière, les tailleurs de pierre et les bûcherons disposent quant à eux de matières premières en abondance. « Pour l’instant, nous terminons l’édification des ateliers pour ces deux corps de métier car ils sont indispensables à la poursuite des travaux », souligne l’historien. « Par la suite, nous prévoyons l’installation d’une citerne, d’une auberge ou encore d’une boulangerie », énumère-t-il. Les faïsses seront également nettoyées et réutilisées pour la culture de plantes potagères et aromatiques qui seront ensuite vendues aux visiteurs.

Pour l’instant, seuls des bénévoles travaillent sur le site du village de la Sogne. L’ARAH espère bien, dans les prochaines années, dégager des bénéfices grâce notamment aux visites et ainsi être en mesure d’embaucher des professionnels. « L’équipe fait un travail exceptionnel, mais usant », avoue Frédéric Dussaud. « On ne pourra pas toujours compter sur la bonne volonté de quelques membres zélés ». En tout cas, le chantier ne devrait pas s’achever avant 2020.

Visites : dimanche et jours fériés de 14 heures à 18 heures et sur rendez-vous ; renseignements : 06.65.42.89.34. ou http://cevennes.unblog.fr


Philippe Peter

France-Soir, vendredi 2 octobre 2009

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