La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image vient d’ouvrir ses portes en Charente. Ses fonds recèlent plus de 8.000 planches originales. Un patrimoine culturel unique dans l’Hexagone.

Après plus de deux ans de travaux, le musée de la bande dessinée d’Angoulême, le plus grand d’Europe, livre à nouveau ses trésors au public. Installé désormais dans d’anciens chais entièrement restaurés situés au bord de la Charente, il dispose d’un espace de 1.330 m2 environ. Cette grande bâtisse blanche est reliée au bâtiment principal par une élégante passerelle en bois qui enjambe la capricieuse rivière. Elle s’insère dans un nouvel ensemble architectural et culturel, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI). Celle-ci comprend également une librairie spécialisée avec près de 40.000 titres, une bibliothèque, un cinéma d’art et d’essai et une résidence internationale d’artistes.

Plus de 20.000 visiteurs

Inaugurée en juin dernier, la CIBDI a déjà accueilli plus de 20.000 visiteurs. Un chiffre jugé « très positif » par Gilles Ciment, son directeur général, qui ajoute : « Angoulême était déjà connu pour son festival de la BD, et la création d’un musée du neuvième art dans cette ville est rapidement apparue comme une évidence. » Maîtres d’œuvre, l’Etat et les collectivités locales ont mis la main à la poche afin d’agrandir l’ancien site qui, bien que fondé en 1990, s’est rapidement révélé trop petit.

Un musée le plus complet possible

Avec sa scénographie résolument sobre et moderne, le musée de la bande dessinée s’organise en quatre sections. La plus importante serpente à travers l’histoire de cet art populaire majeur, depuis l’apparition des premiers albums illustrés, en Suisse vers 1830, jusqu’au succès international que connaissent aujourd’hui les mangas et les comics. Très complète et abondamment illustrée, l’exposition propose une approche à la fois technique et ludique de la BD. « Le but du projet était de concilier esthétique, commodité et découverte », indique le conservateur du musée, Ambroise Lassalle. « Nous avons voulu faire un musée le plus complet possible. Quitte à décevoir certains visiteurs, il n’est donc pas question de faire de cet espace un temple en hommage aux seuls dessinateurs ou scénaristes les plus célèbres comme Hergé, Goscinny ou encore Franquin », précise-t-il. Ce parcours historique, qui sera renouvelé tous les quatre mois, s’intéresse donc à tous les auteurs qui ont marqué l’épopée du neuvième art, même si certains sont aujourd’hui tombés dans l’oubli. De nombreuses alcôves, c$onfortables et spacieuses, ont été aménagées en espaces de lecture afin de permettre aux visiteurs de (re)découvrir ces chefs-d’œuvre. Outre la section historique, le musée a également aménagé un atelier qui retrace les différentes étapes de création d’une bande dessinée : de l’élaboration du synopsis à la mise en couleurs en passant par la réalisation des croquis. Un salon, rassemblant les plus belles planches de la collection du musée, ainsi qu’une galerie d’actualité complètent l’ensemble.

Les expositions temporaires sont installées dans une salle de 390 m2 spécialement prévue à cet effet. Ainsi, en janvier 2010, dans le cadre du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, la CIBDI présentera Réson&nces. Une centaine de dessinateurs ont été invités à sélectionner et à réinterpréter à leur façon une planche d’un auteur de leur choix. Une mise en perspective originale dont les premiers résultats, très surprenants, sont d’ores et déjà accessibles au public.

Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, 121, rue de Bordeaux, 16023 Angoulême. Renseignements au 05.45.38.65.65. ou sur http://www.citebd.org.
Horaires : du mardi au vendredi de 10 à 18 heures ; samedi, dimanche et jours fériés de 14 à 18 heures.

de notre envoyé spécial à Angoulême Philippe Peter

France-Soir, jeudi 1er octobre 2009

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