Un projet de réorganisation du centre de traitement des déchets ménagers d’Ivry-sur-Seine, le plus important d’Ile-de-France, est envisagé pour l’horizon 2020. Il devrait permettre d’améliorer la mise en valeur des ordures.


A quelques centaines de mètres à peine du périphérique se dressent les deux imposantes cheminées de l’unité d’incinération du centre d’Ivry-sur-Seine Paris XIII. Celui-ci traite aujourd’hui près de 40% des détritus gérés par le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération parisienne (Syctom). L’unité ne pourra néanmoins plus fonctionner longtemps à ce rythme. A 40 ans, elle s’essouffle et a donc absolument besoin d’une transformation en profondeur. L’objectif final est de diminuer de moitié le volume des ordures à détruire, notamment par une diversification des modes de traitement. Il faut donner « la priorité à la réduction à la source des déchets, au tri et au recyclage », énonce François Dagnaud, président du Syctom, même s’il concède qu’« il ne faut pas rêver : le zéro déchet, ce n’est pas pour demain ». Cette volonté de réduction global de la production de détritus devrait donc s’accompagner d’une diminution de l’ordre de 20% des capacités de traitement du centre. Il n’accueillerait ainsi plus que 600.000 tonnes d’ordure chaque année, contre 730.000 à l’heure actuelle.

L’aménagement du site de 4,5 hectares, établi en plein cœur d’une région à haute densité de population, serait, si le projet se concrétise, totalement revu. L’actuel centre de tri des collectes sélectives, d’où sortent, sous forme de ballot, papier, canettes en aluminium et autres bouteilles en plastique compressés, disparaîtrait pour être reconstruit dans le XIIe arrondissement de Paris. Cette réorganisation a pour objectif de rééquilibrer géographiquement la localisation des équipements de traitements des ordures, actuellement massivement délocalisés en banlieue.

La déchetterie serait quant à elle déplacée dans un autre quartier d’Ivry-sur-Seine. Elle serait remplacée par un grand centre de tri mécanique qui se chargerait d’isoler les matières fermentescibles, qui dégradent la qualité de l’incinération, mais qui pourraient être utiliser à bon escient par la nouvelle unité de méthanisation, dont la construction est programmée. Celle-ci permettrait non plus simplement de brûler les déchets organiques mais plutôt de les employer dans la production de compost et, par ce biais, de biogaz.

Remis aux normes européennes en 2005, l’incinérateur serait néanmoins lui aussi repenser avec l’installation de nouveaux fours modernes à haut pouvoir calorifique. Ces derniers permettraient de continuer à alimenter en chauffage et en eau chaude l’équivalent de 100.000 logements tout en réduisant de moitié la masse des ordures à brûler.

Ce projet, d’un coût évalué à près de 800 millions d’euros hors taxe, va être présenté jusqu’en décembre à la population à l’occasion du premier débat public organisé en France au sujet d’un équipement de traitement des déchets ménagers. La mise en service est prévue entre 2019 et 2023.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 29 septembre 2009

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