La victime avait pourtant demandé l’arrêt des poursuites

Les autorités américaines, qui cherchaient à arrêter le cinéaste franco-polonais Roman Polanski depuis 1978, ont réactivé les poursuites à son encontre en 2005, en lançant un mandat d’arrêt international. Installé en Europe depuis maintenant plus de trente ans, il n’avait jusqu’à présent pas été inquiété par la justice. En 2009, le Tribunal de Los Angeles, par l’intermédiaire du juge Peter Espinoza, rejette sa demande d’abandon des poursuites, arguant que celui-ci ne s’était pas présenté devant la justice au cours des auditions. Au début de l’année, la victime elle-même avait réclamé l’arrêt de la procédure.

Selon le Los Angeles Times, les procureurs avaient planifié l’arrestation de Roman Polanski après avoir appris qu’il avait accepté de se rendre au festival de cinéma de Zurich. Le département de justice américain aurait alors informé les autorités suisses de ses volontés, les deux pays ayant signés des accords d’extradition. Toujours selon le quotidien californien, le réalisateur aurait déjà annulé à deux reprises des déplacements à l’étranger, se sachant menacé d’une arrestation, voire d’une extradition.

Selon la ministre suisse de la Justice, Eveline Wildmer-Schlumpf, les autorités helvétiques n’avaient pu arrêter le cinéaste lors de ses précédents séjours car c’était la première fois que Berne savait à l’avance que le réalisateur allait venir en Suisse. Il n’y avait « pas d’autre solution » car « dans un état de droit (…) il serait incompréhensible qu’une personne sortant du lot bénéficie d’un autre traitement », a ajouté la ministre.

Roman Polanski réside en France depuis maintenant de nombreuses années. L’État français n’extradant pas ses propres ressortissants, il était jusqu’à présent à l’abri des ennuis judiciaires.

Désormais en détention à l’aéroport de Zurich, il a la possibilité de faire appel, et une éventuelle décision d’extradition pourra être contestée auprès du tribunal pénal fédéral, puis du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire helvétique.

Guillaume Rameaux et Philippe Peter

France-Soir, lundi 28 septembre 2009

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