Les familles franciliennes consacrent en moyenne 1.260 euros par an à leur facture énergétique. Ces coûts élevés entraînent d’importantes discriminations et ce sont 800.000 ménages qui souffrent chaque année du froid.

Alors que l’on reparle beaucoup d’économies d’énergie – à la fois parce que cela permet de soulager un porte-monnaie déjà très sollicité mais aussi pour des raisons purement environnementales – l’institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France vient de publier une étude sur la facture énergétique des ménages franciliens. Ce travail de longue haleine s’est effectué en collaboration avec l’Insee.

En 2006, pour leur usage domestique, les familles d’Île-de-France se sont ainsi acquittées, en moyenne, d’une facture énergétique de 1.260 euros. Cette somme représente 3,4% de leurs revenus. Il existe néanmoins d’importantes disparités puisque le type de logement, sa superficie, l’année de sa construction, le mode de chauffage ou encore le revenu des ménages sont autant de facteurs qui peuvent faire varier, dans un sens comme dans l’autre, ces coûts. Les résidents de HLM ou encore ceux qui n’utilisent que l’électricité se situent ainsi au-dessus de ce chiffre.

D’une manière globale, cette étude révèle que les locataires dépensent davantage que les propriétaires pour leur confort énergétique. Cette situation s’explique par le fait que ces derniers sont en général plus à même à engager des travaux lourds afin d’optimiser l’efficacité thermique de leur logement. Ils investissent plus volontiers dans un nouvel équipement de chauffage ou dans des travaux d’isolation. Autre constat : les logements récents sont moins gourmands en énergie, essentiellement pour les raisons évoquées plus haut. La dépense moyenne des ménages est de 16,6 euros/m²/an pour les logements construits avant 1949 contre 12,6 euros/m²/an pour ceux construits après 2002.

800.000 ménages ont froid

Le combustible dominant utilisé pour le chauffage en Île-de-France est le gaz de ville (46%), suivi de l’électricité (27,5%) et du fioul (14%). Le gaz citerne, le bois ou encore le charbon – de plus en plus marginal – complètent cette palette énergétique. Ce sont les ménages équipés d’une chaudière à fioul qui déboursent le plus pour se chauffer (22,3 euros/m²/an en individuel), un chiffre considérable lié au niveau élevé du prix du pétrole.

Près d’un quart des ménages se déclarent non satisfaits du rapport qualité-prix du chauffage, avec des chiffres assez inquiétants puisque 800.000 ménages déclarent avoir eu froid au cours de l’hiver précédent l’enquête dont 126.000 après avoir limité le chauffage en raison de son coût. Les locataires du parc HLM sont proportionnellement les plus nombreux à subir des désagréments thermiques dans leurs appartements.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 29 septembre 2009

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