Clément Petit, jeune fleuriste de 22 ans, a remporté la médaille d’or dans la catégorie Art floral lors des 40es Olympiades des métiers. Celles-ci se sont tenues début septembre à Calgary, au Canada, et ont rassemblé plus de 900 candidats.

Clément Petit est devenu une vraie petite vedette à Alfortville. Depuis plusieurs mois, les habitués de la boutique dans laquelle il travaille suivent ses exploits et le soutiennent dans sa longue préparation. Sa médaille d’or ramenée de la 40e édition des Olympiades des métiers fait donc la fierté de toute sa clientèle.

« Les gens me demandaient toujours où j’en étais avec tous mes concours donc forcément ils sont très contents d’apprendre que j’ai gagné ! », avoue Clément Petit. Ce jeune fleuriste de 22 ans savoure sa victoire : « Cela a été dur et stressant, il y a eu des moments de doute, mais c’est une vraie satisfaction d’avoir remporté ce prix », raconte-t-il.

Pour lui, l’aventure a commencé à Calgary, la grande métropole de l’Etat d’Alberta, dans l’ouest canadien. 900 candidats de 51 pays s’y sont retrouvés pour prendre part aux 40e Olympiades des métiers. Parmi eux, 44 Français dont Clément Petit.

« Le concours a duré trois jours et demi durant lesquels nous travaillions de 8 à 17 heures, quasiment non stop », explique le jeune lauréat, originaire de Maison-Alfort.

« En art floral, nous étions 18 candidats d’autant de nationalités différentes puisque seuls les vainqueurs des différentes olympiades nationales ont le droit de participer à la compétition au niveau international », précise-t-il. Le matériel devait être strictement le même pour tous les participants, à part les outils de base.

« Si je voulais utiliser un accessoire spécial, il fallait également que j’en ramène pour tous mes autres camarades ! », commente Clément Petit. De même, les matières premières, absolument identiques pour chacun des fleuristes, ont été distribuées en une seule fois au début des épreuves.

« Il fallait faire très attention à l’état des fleurs et bien gérer son stock-car il était impossible d’obtenir du rab par la suite ou d’échanger une rose cassée. »

Neuf sujets imposés

Clément Petit a dû réaliser neuf sujets différents, tous imposés. « J’avais la pêche en arrivant à Calgary et tout s’est bien passé jusqu’au troisième jour où j’ai eu un grand moment de doute car j’avais le sentiment d’avoir raté une épreuve », se souvient-il.

« C’était très stressant car je n’avais pas de contact avec les autres concurrents (NDLR : chaque compétiteur était installé dans un box cloisonné), je ne pouvais pas connaître mon classement et, surtout, je ne voyais que les défauts de mes réalisations », concède-t-il. E

n relevant occasionnellement la tête vers le public, Clément Petit voyait néanmoins la foule s’amasser devant son stand : « C’était rassurant et très gratifiant en même temps. »

Lors de la cérémonie de clôture, le fleuriste était plutôt confiant : « Je savais que j’étais parmi les cinq meilleurs, mais jamais je n’aurais eu la prétention de me voir gagner », confesse-t-il.

« Je n’ai même pas entendu mon nom, juste celui de mon pays, et là cela a été une explosion de joie, je suis tombé en larmes, c’était un bonheur indescriptible », décrit-il avec émotion.

Prochain objectif pour cet artisan bourré de talent : la préparation au concours de meilleur ouvrier de France. « Mais pas pour tout de suite, je veux d’abord profiter de cette victoire ! »

Philippe Peter

France-Soir, mardi 22 septembre 2009

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