Une soixantaine de parents d’élèves et d’élus municipaux bloquent depuis mardi soir les trois enseignantes de l’école Elysée Maury, à Laroque d’Olmes. Ils refusent la fermeture d’une classe.

« Nous n’avions pas d’autre solution pour protester contre cette décision scandaleuse », estime Maurice Gracia. Père de deux enfants inscrits en CM2, il fait parti de la soixantaine de parents d’élèves et d’élus municipaux qui retiennent, depuis mardi 18h30, les trois institutrices – dont la directrice – de l’école Elysée Maury de Laroque d’Olmes (Ariège). Leur action vise à protester contre la fermeture d’une des trois classes de l’établissement.

50 élèves étaient inscrits pour la rentrée scolaire. Néanmoins, durant l’été, plusieurs familles ont dû quitter cette région économiquement sinistrée. Du coup, seuls 47 enfants se sont présentés à l’école la semaine dernière. Le seuil des 49 élèves pour trois classes n’étant plus atteint, « le maire a été informé, lundi après-midi, par l’inspection académique, qu’une classe allait être fermée », explique Maurice Gracia. Une décision incompréhensible pour les parents d’élèves d’autant que « trois nouveaux élèves devraient arriver en octobre ». Caroline Sanchez, la jeune maîtresse d’école qui vient à peine de débuter sa carrière à l’école Elysée Maury, se voit quant à elle mutée à St-Girons, à une cinquantaine de kilomètres de Laroque d’Olmes.


Réunion de crise

Mardi, les élus et les parents d’élèves ont décidé, à la quasi-unanimité, de bloquer l’école tant que la décision de supprimer la troisième classe ne serait pas annulée. Un planning d’occupation a été mis en place. « L’académie nous a proposé d’entamer des négociations si nous libérions les enseignantes ; nous ne sommes pas dupes et nous avons bien sûr refusé », indique Maurice Gracia qui précise que les forces de l’ordre ont également tenté de faire pression sur les bloqueurs. La préfecture de l’Ariège assure de son côté qu’elle surveille de près cette affaire sans pour autant « prendre part directement aux tractations ».

« Tout se passe très bien pour l’instant et nous espérons arriver à nos fins par la voie de la négociation », assure le parent d’élève. « Les institutrices sont traitées de façon honorable et respectable », ajoute Francis Fourtalin, adjoint au maire de la commune ariégeoise. Elles se déplacent librement et ont pu recevoir la visite de leurs familles.

Une réunion entre l’inspecteur d’académie, deux élus municipaux et des représentants des parents d’élèves avait débuté dans la mairie de Laroque d’Olmes peu avant 18 heures afin de trouver une issue au conflit. A l’heure où nous mettions sous presse, la situation n’avait toujours pas évolué.

Cette mobilisation connaît un écho à Pompertuzat où cinq enseignantes de maternelle, dont la directrice, étaient également retenues depuis mardi soir pour des raisons similaires. « La rentrée a déjà démarré, les enfants sont avec leur maîtresse », indique Corinne Viguié, élue FCPE. L’inspection d’académie se base sur « des critères arithmétiques pour fermer les classes. Changer de maîtresse, c’est un choc pour un enfant de 3 ou 4 ans », ajoute Stéphanie Prévot, dont le fils est scolarisé dans l’établissement. Les négociations n’ont pour l’instant pas encore abouti.


Philippe Peter


France-Soir, jeudi 10 septembre 2009

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