« Nous vivons par et pour la scène. C’est un terrain de jeu pour nous, comme un prolongement de l’enfance », dit Pierrot (à droite) / Photo DR

« Nous vivons par et pour la scène. C’est un terrain de jeu pour nous, comme un prolongement de l’enfance », dit Pierrot (à droite) / Photo DR

Avec Grand Soir, son septième album, La Ruda prend un virage radicalement acoustique après une période plutôt rock. Pierrot, chanteur de la formation angevine, nous explique pourquoi.

La Ruda Salska est née en 1993. Elle s’appelle désormais La Ruda, tout court, mais n’a rien perdu de sa formidable énergie sur scène. Alliant dans un premier temps rock, ska et salsa, le groupe avait, après trois albums, décidé de fortement électriser sa musique. Neuf cents concerts plus tard, nouveau virage, La Ruda décide de s’orienter vers un son résolument acoustique. Son dernier album, Grand Soir, abandonne les riffs de guitare saturés pour une ambiance plus jazzy.

FRANCE-SOIR. Grand Soir est le septième album studio de la Ruda. Pourquoi ce titre ?
PIERROT. La formule avait de la gueule. Ce n’est pas gratuit. Nous nous attaquons à un nouveau style, plus acoustique. Il fallait un peu de brillance et d’éclat pour le titre de ce nouvel album qui marque une frontière avec ce que nous faisions avant. « Le grand soir », cela peut signifier un nouveau départ ou une conclusion en beauté, car on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Mais ce n’est évidemment pas ce que nous souhaitons !

Après deux albums très rock, vous décidez de réaliser un album acoustique. Pourquoi avoir pris ce virage musical radical ?
Nous sommes des enfants de la Mano Negra, des Négresses Vertes et du ska 2-Tone (NDLR : ska britannique des années 80). Nous nous sommes inspirés de cette musique pour nos premiers albums. Ensuite, nous sommes passés à une formation toutes guitares devant avec un son forcément plus métallique. Mais nous sommes arrivés à saturation et nous avions besoin de faire quelque chose de neuf. Nous avons alors entamé une tournée à l’ancienne, dans les bars, pour retrouver les sensations de nos débuts. Un premier disque de reprises de nos chansons en version acoustique est le fruit de cette expérience. Grand Soir, avec ses influences swing et jazz manouche, s’est ensuite imposé de lui-même. Nous y retrouvons nos repères.

Avec plus de 900 concerts au compteur, La Ruda est avant tout une bête de scène.
Nous vivons par et pour la scène. C’est un terrain de jeu pour nous, comme un prolongement de l’enfance. Nous avons commencé en tapant la manche dans la rue et les bars et c’est grâce aux concerts que nous nous sommes fait connaître. Nous pouvons y faire passer nos textes, raconter nos humeurs. C’est un moment privilégié avec notre public. C’est sûr qu’en seize ans nous avons engrangé un sacré savoir-faire, mais cela nous fait toujours autant plaisir de voir la fosse remuer lorsque nous jouons. C’est notre carburant.

Sept albums studio, deux lives. N’y a-t-il pas un moment où l’on a envie de raccrocher le micro ?
Quand on a encore des choses à dire, on ne se pose pas cette question. Nous avons le privilège de vivre de notre passion et nous en sommes plus qu’heureux, même si c’est loin d’être facile. Je crois que l’on ne peut se lasser de ce métier que lorsqu’on a le sentiment de se trahir. Et c’est loin d’être le cas !

La Ruda redeviendra-t-elle un jour La Ruda Salska ?
C’est vrai que nous avons raccourci notre nom il y a quelques années, à l’époque où nous avons choisi une voie plus rock. Mais le problème est plus ancien. Beaucoup de gens pensaient que nous étions un groupe qui ne jouait que du ska, ce qui n’a jamais été le cas. Nous avons toujours mélangé les genres. En plus, c’était trop long et le public avait pris l’habitude de parler de « La Ruda ». Mais je sais que beaucoup de gens ne s’y sont toujours pas faits !

Comment envisagez-vous l’avenir ?
Pour l’instant, nous allons tranquillement achever la saison des festivals d’été puis nous poursuivrons notre tournée en France. Nous comptons ensuite un peu nous reposer avant d’attaquer l’écriture d’un nouvel album, prendre un peu de temps pour notre famille et nos amis. Nous n’avons en tout cas aucune envie d’en rester là.

La Ruda sera en concert le 28 août à Castelnaudary (Aude), le 29 août au festival du roi Arthur à Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine) et le 4 septembre au Tribuzical Festival d’Arbresle (Rhône). Renseignements : http://www.laruda.fr

Propos recueillis par Philippe Peter

France-Soir, lundi 24 août 2009

Publicités