Michael Jackson devrait rapporter 200 millions de dollars d’ici à la fin de l’année

Depuis la mort de Michael Jackson, les ventes de disques, DVD et autres produits dérivés de toutes sortes à l’effigie du « Roi de la pop » explosent. La star laisse un véritable trésor à ses héritiers. Cette manne devrait néanmoins servir, dans un premier temps, à éponger ses dettes évaluées à plus de 435 millions de dollars.

Pendant que ses fans pleurent la mort de leur idole, les héritiers du « Roi de la pop » doivent se frotter les mains. Les revenus générés par la « marque »Michael Jackson depuis sa mort pourraient en effet atteindre 200 millions de dollars (140,6 millions d’euros) d’ici à la fin de l’année. C’est en tout cas ce qu’a récemment indiqué l’un des administrateurs des biens de la star.

Selon l’avocat John Branca, les contrats négociés depuis la mort du chanteur devraient en effet rapporter 100 millions de dollars (70,3 millions d’euros) au Fonds Michael Jackson qui réunit sa mère (à hauteur de 40 %), ses enfants (40 %) et des œuvres caritatives (les 20 % restants) et auxquels la star a légué l’ensemble de ses biens. Les bénéfices dégagés par les ventes de disques (déjà 16 millions écoulés depuis sa mort), de DVD et de produits dérivés, devraient, eux aussi, tourner autour des 100 millions de dollars.

On sait que plusieurs contrats ont d’ores et déjà été signés. Sony a notamment racheté, pour 60 millions de dollars (42 millions d’euros), les dernières images sur scène du « Roi de la pop ». Ces vidéos ont été tournées lors de ses séances de répétition en prévision des cinquante concerts qu’il devait donner à Londres en juillet.

Elles sont actuellement retravaillées et utilisées pour la réalisation d’un film musical, baptisé This Is It, sur les derniers jours du chanteur. Il doit sortir en salles le 28 octobre et ne devrait rester à l’affiche que deux semaines.

La Cour supérieure de Los Angeles a également donné son accord pour la fabrication de produits dérivés à l’effigie de la star. Un contrat de 15 millions de dollars (10,5 millions d’euros) avait en effet été signé entre John Branca et

John McClain, les deux administrateurs des biens du chanteur, et la société Bravado International Group qui prévoit de commercialiser des vêtements, des calendriers, des pièces de monnaie, ou encore du matériel scolaire griffés Michael Jackson.

Parmi les autres projets, celui de la société AEG Live, promotrice des concerts londoniens du chanteur, qui a été autorisée à organiser une exposition itinérante rassemblant des objets lui ayant appartenu. Elle devrait faire étape dans trois villes et rapporter environ six millions de dollars aux héritiers de la star. Une nouvelle biographie de 400 pages, The Official Michael Jackson Opus, devrait également sortir début décembre. Cet ouvrage « définitif » contiendra des centaines de photos, pèsera douze kilos et coûtera la bagatelle de 255 euros !

Le business va donc bon train. Il s’agit de surfer sur la vague provoquée par le choc de la mort de la pop star pendant qu’il est encore temps. John Branca est néanmoins confiant. Il estime que ce phénomène devrait encore perdurer des années comme cela a déjà été le cas avec Elvis Presley,Marilyn Monroe ou encore Franck Sinatra.

Les héritiers du « Roi de la pop » devraient ainsi, selon ses prévisions, encore récolter environ 50 millions de dollars (35 millions d’euros) chaque année. Voire plus. Ils disposent par ailleurs de plusieurs atouts pour éventuellement relancer la dynamique, notamment d’une réserve de plusieurs dizaines de chansons inédites qui pourraient prochainement sortir sous forme d’albums collectors. Michael Jackson avait également racheté 50 % d’un catalogue contenant les droits de 251 chansons des Beatles.

Cette manne record devrait dans un premier temps servir à éponger les dettes faramineuses accumulées par Michael Jackson, estimées à plus de 435 millions de dollars (306 millions d’euros). A ce rythme-là, elles ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir. La vie est parfois cruelle. Le « Roi de la pop » avait décidé de remonter sur scène pour se remettre financièrement à flots. Si son retour s’avère gagnant pour ses héritiers, il aura été fatal à celui qui a à jamais marqué l’histoire de la musique.


81 millions d’euros de pertes pour AEG Live

AEG Live avait engagé près de 30 millions de dollars (21 millions d’euros) dans l’organisation des concerts londoniens de Michael Jackson. La société a également dû rembourser près de 750.000 billets, pour une valeur estimée à 85 millions de dollars (60 millions d’euros).

Ces pertes devraient en partie être comblées par le versement de 17,5 millions de dollars (12,5 millions d’euros) par l’assureur principal de l’entreprise, Talbot Underwriting, membre de la Lloyd’s de Londres. Une clause du contrat précisait toutefois que celui-ci ne couvrirait pas l’annulation s’il était avéré que la star se trouvait en possession de drogue ou qu’elle en consommait.

Afin d’assurer ses arrières, AEG Live a donc vendu pour 60 millions de dollars (42 millions d’euros) près d’une centaine d’heures d’images des dernières répétitions de Michael Jackson. La société a également tenu à préciser que le design des précieux sésames avait été réalisé en collaboration avec le « Roi de la pop » et qu’ils devenaient donc des objets collectors.

Chacun veut sa part du gâteau

Les frères du « Roi de la pop », qui ont été écartés de son testament, veulent eux aussi leur part du gâteau. Ils organiseront le 26 septembre un concert hommage à Vienne, en Autriche. Plusieurs stars devraient être de la partie, notamment Leona Lewis ou encore Justin Timberlake. Officiellement, il ne s’agit là que de faire survivre l’âme du chanteur. Les frères Jackson ne sont pas pour autant devenus philanthropes. Il faudra débourser entre 63 et 518 euros pour assister à cet événement.

Dans la même veine, de nombreuses biographies « non officielles » de la pop star ont, comme par enchantement, été publiées ces dernières semaines. Parmi ces livres celui de Ian Halperin, qui défend notamment la thèse selon laquelle le chanteur était homosexuel. Il affirme également que la pop star a été assassinée. Si certaines de ces thèses semblent intéressantes, elles manquent toutefois de crédit, et le journaliste d’investigation canadien refuse pour l’instant de présenter ses « preuves ».

Le livre de Ian Halperin, Michael Jackson, les dernières années, est néanmoins déjà un best-seller aux Etats-Unis et se vend très bien en France. Son auteur a d’ailleurs récemment déclaré à la presse qu’il ne dormirait pas « tant que la vérité sur le chanteur n’éclaterait pas » et tant que « le livre ne serait pas n°1 en France ». Il va nous faire pleurer !

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 28 août 2009

article déjà  lu 15349 fois sur http://www.france-soir.fr (au 19/09/2009)

Publicités