Contre toute attente, Marseille avait été choisie par le ministère de la Culture pour devenir la capitale européenne de la culture en 2013. Désireuse de tenir son rang, la cité phocéenne devra sérieusement moderniser et embellir ses musées.

Stupeur en septembre 2008. Alors que Lyon, Bordeaux et Toulouse sont également en lice, c’est Marseille qui est désignée capitale européenne de la culture en 2013. Elle partagera son titre avec la ville slovaque de Kosice. Le projet Marseille-Provence 2013, qui s’appuie sur une position géopolitique historiquement favorable aux échanges interméditerranéens, est proprement plébiscité par le jury. Si ce choix en a fait rire (jaune) plus d’un, la cité phocéenne se doit désormais de faire face à ses responsabilités si elle veut pouvoir parer aux critiques des plus sceptiques.

La municipalité aspire en premier lieu à donner un second souffle à ses musées, qui souffrent de l’éparpillement de leurs collections et d’un manque cruel de valorisation. Daniel Hermann, adjoint à la culture, indiquait ainsi récemment qu’« il n’y avait aucun musée doté des trois étoiles » dans le Guide vert Michelin, alors même que Marseille en compte près d’une quinzaine qui abordent des thématiques diverses et variées comme l’art contemporain, l’archéologie méditerranéenne, la faïence ou encore la mode. Le potentiel existe ; il s’agit désormais de le stimuler.

Coup de fouet

Autre problème capital : les locaux. Le musée des Beaux-Arts est fermé au public depuis 2005 en raison de la vétusté de ses locaux. Le musée Cantini manque quant à lui cruellement de place, ce qui oblige les conservateurs à stocker beaucoup de pièces dans les réserves du bâtiment, évidemment inaccessibles aux visiteurs. Enfin, la muséographie est souvent surannée et ne permet pas de valoriser les collections, ni d’en faire des outils ludiques.

La très originale exposition Van Gogh-Monticelli, installée en 2008 dans le magnifique ensemble architectural de la Vieille Charité, dans le quartier du Panier, a été un premier bon point pour Marseille. En attirant près de 175.000 visiteurs, elle a littéralement dopé la fréquentation totale des musées de la ville, qui s’est élevée en 2008 à un peu plus de 380.000 entrées, soit une progression de plus de 35 % par rapport à l’année précédente. Ce résultat reste néanmoins insuffisant. Certains professionnels s’interrogent donc sur l’opportunité de la construction d’un grand musée rassemblant plusieurs collections, leur évitant ainsi l’éparpillement aux quatre coins de la ville. Une solution qui serait bénéfique à la visibilité des richesses muséographiques dont dispose la cité phocéenne, mais aussi au confort du public. La municipalité exclut cependant cette éventualité, essentiellement pour des raisons de coût et de temps.

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 7 août 2009

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