Depuis le début de l’été, Faut pas rêver entraîne les téléspectateurs sur les traces de Jules Verne. Après les Etats-Unis, l’Inde ou encore la Chine, l’émission fait étape ce mardi soir en Afrique du Sud.

Jules Verne est certainement l’un des plus grands auteurs français. Selon l’Index translationum, organisme géré par l’Unesco, il figure au deuxième rang des écrivains les plus traduits, juste derrière Agatha Christie. Son œuvre, essentiellement composée de romans d’aventure, de science-fiction et d’anticipation, reste aujourd’hui encore incontournable. Faut pas rêver se plonge ce mardi soir dans l’univers de L’Etoile du Sud, un ouvrage finalement assez méconnu de l’homme de lettres nantais, dont l’intrigue débute au sud de Kimberley, dans la grande région des mines de diamants, où un joyau noir de 432 carats disparaît mystérieusement.

Poids de l’apartheid

Laurent Bignolas plante le décor. Jusqu’en 1914, plus de 3.000 tonnes de pierres précieuses furent extraites du Big Hole, un trou béant creusé par la main de l’homme, faisant la fortune de Kimberley, petite ville poussiéreuse du centre de l’Afrique du Sud, et du groupe De Beers. Une période faste qui masque un aspect beaucoup moins reluisant de l’exploitation minière.

L’entreprise doit en effet une grande partie de sa prospérité aux centaines d’ouvriers noirs qu’elle a fait transpirer pendant des années, à une époque où l’apartheid faisait rage. Si la ségrégation raciale est aujourd’hui officiellement abolie, la situation n’a que très peu évolué pour les travailleurs noirs venus des campagnes pour exercer, en ville, les métiers les plus pénibles.

Certains descendants des Boers, les premiers colons néerlandais implantés en Afrique du Sud dès le XVIIe siècle, n’ont néanmoins toujours pas accepté le nouveau régime égalitaire mis en place par Nelson Mandela en 1994. Sous prétexte de défendre leurs traditions, les plus extrémistes d’entre eux ont fondé une ville, Orania, exclusivement réservée aux Blancs. Dissimulant leur racisme derrière des arguments culturels, ils rêvent en réalité d’une grande nation afrikaner indépendante.

Du Zimbabwe au pays Zoulou

Remontant vers le nord du pays, l’équipe de Faut pas rêver part à la rencontre des bushmen du désert du Kalahari, réputés être les meilleurs pisteurs du monde. S’ils ne savent ni lire ni écrire, leur inestimable connaissance du désert, de sa faune et de sa flore est aujourd’hui mise à profit par les scientifiques afin de protéger cet environnement menacé.

Plus haut, au bord du lac Fundunzi, près de la frontière avec le Zimbabwe, les Vendas vivent en marge de la société depuis plus de 400 ans. Si ce peuple s’ouvre progressivement à la modernité, il ne renie pas pour autant son identité et fait de la transmission du savoir de ses ancêtres une question de survie.

Ce périple sud-africain s’achève dans le bush du Kwazulu Natal où une équipe de la WWF tente de préserver l’un des plus prestigieux animaux d’Afrique australe, le rhinocéros noir, actuellement en voie de disparition. Prochaine étape : la Russie, dans le sillage de Michel Strogoff.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 11 août 2009

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