Des artistes au sommet de leur art

Si Bob Dylan, The Doors ou encore Led Zeppelin n’ont pas pu prendre part au festival de Woodstock, de nombreux autres artistes s’y sont illustrés. Six d’entre eux sont depuis devenus de véritables mythes de cette époque révolue.

Joan Baez, la reine du folk

Née à New York en 1941, Joan Baez est « la » voix folk des années 1960. Elle est très proche de Bob Dylan, son pendant masculin, avec qui elle a d’ailleurs une aventure. Pour sa musique, Joan Baez s’inspire des ballades irlandaises et du gospel qu’elle mêle au folk américain. Très engagée contre la guerre du Vietnam et pour la défense des libertés individuelles, elle multiplie les concerts dans le monde entier. Lorsqu’elle participe au festival de Woodstock, elle est enceinte de six mois, ce qui ne l’empêche pas d’assurer la tête d’affiche le premier jour.

Santana, le guitariste surnaturel

Considéré comme l’un des plus grands guitaristes contemporains, Carlos Santana est né à Autlan de Navarro, au Mexique, en 1947. C’est à Tijuana qu’il découvre son instrument de prédilection. Après avoir écumé les bars de la ville, il émigre aux Etats-Unis et s’installe à San Francisco, où il fonde le Santana Blues Band en 1966. La prestation du groupe à Woodstock, mêlant salsa et rock, est très remarquée et assure un grand succès à son premier album, Santana. Après un creux dans les années 1980 et 1990, la carrière de l’artiste est relancée en 1999 avec le succès planétaire de l’album Supernatural et du single Maria Maria.

Janis Joplin, l’esprit hippie incarné

Avec son boa rose, et son look décalé et extravagant, Janis Joplin est une figure mythique des sixties. Né en 1943 à Port Arthur, elle quitte le Texas à 20 ans pour la Californie. Après un passage au sein du Big Brother and The Holding Company, elle forme The Kozmic Blues Band. A l’époque, Janis est plus que jamais accro à l’alcool, au speed et à l’héroïne. Sa prestation à Woodstock s’en ressent, même si sa voix rocailleuse et puissante impressionne toujours. Le 4 octobre 1970, elle est retrouvée morte dans sa chambre d’hôtel, victime d’une overdose d’héroïne. Elle avait 27 ans.

The Who, les parrains du punk

Formés à Londres en 1964 autour du guitariste Peter Townshend, The Who ont poussé le rock’n roll dans ses derniers retranchements, annonçant l’avènement du punk. Tranchant avec la musique pratiquée par les Beatles, ils choisissent la voie du rock brut et explosif. La formation se lance également dans la musique expérimentale avec des sonorités étrangement proches de celles qu’ont produit les Pink Floyd quelques années auparavant. L’album Who are you marque l’apogée du groupe, brisé dans son élan par la mort de son batteur Keith Moon, en 1978. Après plusieurs années de séparation, The Who se sont reformés en 1996, signant notamment le générique de la série Les Experts.

Joe Cocker, le bluesman anglais

Le festival de Woodstock aura été un véritable tremplin pour Joe Cocker. Né à Sheffield en 1944, le chanteur britannique débute par le rock avant de s’orienter très rapidement vers le blues. Après sa tournée américaine, il tombe malheureusement dans les méandres de l’alcool et de la drogue, ce qui compromettra sa carrière au Royaume-Uni. Il renoue avec le succès dans les années 1980 et 1990 avec Up where we belong ou encore Unchain my Heart.

Jimi Hendrix, le révolutionnaire

Jimi Hendrix est né à Seattle en 1942. Il est certainement l’un des musiciens les plus novateurs du XXe siècle. Gaucher jouant sur une guitare de droitier, il va véritablement révolutionner le rock’n roll et le blues en explorant toutes les possibilités de son instrument. Devenu célèbre pour ses solos, Hendrix marquera, en trois ans et quatre albums seulement, l’histoire de la musique. Son interprétation de l’hymne américain au festival de Woodstock est l’illustration parfaite de son incroyable virtuosité. Mort à 28 ans au sommet de la gloire, il reste aujourd’hui la référence pour nombre de guitaristes.

Philippe Peter

France-Soir, jeudi 13 août 2009

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