Les professionnels se disent confiants dans leur matériel

Alors que deux scènes se sont coup sur coup effondrées en France et au Canada, les fabricants et les utilisateurs de ce type de matériel nous éclairent sur les risques liés à leur utilisation.

« Les deux accidents qui ont eu lieu au Stade-Vélodrome, à Marseille, et au festival Big Valley Jamboree, à Alberta, posent deux problèmes complètement différents », commente Jean-Luc Félix, PDG d’Europodium, société alsacienne spécialisée dans la conception, la fabrication et la vente de structures scéniques et de gradins. « Dans le premier cas, il s’agit, apparemment, d’une erreur humaine, même si l’enquête n’a pas encore livré ses conclusions. Dans le second, c’est un problème lié à des conditions atmosphériques exceptionnelles qui est à l’origine du drame », précise-t-il.

Europodium, qui exporte dans toute l’Europe, est devenue une référence dans le domaine du matériel de spectacle, notamment pour la qualité de ses produits. « Nos tolérances en matière de poids et de résistance au vent sont plus élevées que la moyenne », souligne Jean-Luc Félix. « Il existe des normes de surcharge du toit d’une scène mobile, par exemple pour le cas où il y aurait de la neige. Personne n’organise de festival en plein air en hiver, mais nous tenons tout de même compte de ces normes, car elles accroissent encore la fiabilité de notre matériel », explique-t-il.

S’il convient que les normes de sécurité draconiennes sont particulièrement contraignantes pour les fabricants, Jean-Luc Félix considère néanmoins que l’« on ne prend jamais trop de précautions lorsque la vie humaine est en jeu ».

Priorité à la sécurité

Même sentiment du côté des utilisateurs de structures scéniques et de gradins. Dix-sept ans plus tard, le spectre de Furiani hante toujours les esprits. « Tous mes employés sont qualifiés pour travailler en hauteur, avec un harnais de sécurité, et doivent participer à des stages de mise à niveau », assure André Segura, gérant d’Accès-Scène, entreprise marseillaise spécialisée dans la location et l’installation de matériel de spectacle.

« Je ne travaille qu’avec eux, hors de question de monter une structure avec des novices ou des intérimaires comme certains le font », ajoute-t-il. La sécurité est donc de mise durant l’installation du matériel, qui peut parfois prendre plusieurs jours. Un organe de contrôle privé, engagé par Accès-Scène, se charge ensuite de la mise en conformité des différents équipements, avant le passage de la commission de sécurité qui est la seule à pouvoir donner, en définitive, l’autorisation d’ouverture au public.

« Nous avons une réunion avec les représentants de la DDE, de la police nationale, de la préfecture et des pompiers. Tout est vérifié systématiquement, rien n’est laissé au hasard », certifie André Segura.

« Néanmoins, même si l’autorisation d’ouverture est donnée, je reste, en définitive, le seul décideur. Il y a quelques années, contre l’avis de l’organisateur qui n’avait pas pris d’assurance annulation, nous avons supprimé un concert car il y avait trop de mistral », raconte-t-il. Selon lui, « la priorité est toujours la sécurité » même s’il déplore que des « questions financières » fassent parfois «  déraper les organisateurs et certains fournisseurs ».

P.P.

France-Soir, mardi 11 août 2009

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