Avant sa fermeture en prévision du sommet de l’Otan, le campus de Strasbourg a connu, hier, un regain de tension.

L’université de Strasbourg a accueilli les réunions successives de la Coordination nationale étudiante (CNE) pendant le week-end, et, hier, de la Coordination des universités (CNU). À 19 h 30, les porte-parole de la CNU ont annoncé le résultat de la journée : « radicalisation du mouvement », comme lors de la coordination de Dijon, mais avec, cette fois, un accent très net sur une extension souhaitée vers d’autres secteurs, et l’évocation en filigrane d’un programme d’actions : ouvertures de péages, occupations de gares, jonctions avec les personnels des hôpitaux, etc : les universitaires, confortés par la journée d’action du 19 mars, entendent faire la jonction avec l’ensemble du mouvement social.
« Des contacts ont été pris avec les cheminots », citait ainsi Germaine Depierre, chercheuse à Dijon, tout en insistant : « Aucune action ne sera entreprise sans concertation avec les intéressés. Ce ne seront pas des prises d’otages, ni du terrorisme ». L’argumentation de Valérie Pécresse, évoquant, hier, les menaces sur les examens et demandant l’organisation de « cours de rattrapage », a été prise ici comme une provocation supplémentaire.

Fac de droit occupée

Sur un plan plus strasbourgeois, le mouvement a franchi un cap avec l’occupation, depuis hier soir, de la faculté de droit. Après le blocage des bâtiments de lettres et sciences humaines, c’est ainsi l’ouverture d’un front supplémentaire sur le campus de l’Esplanade. La décision a été votée par une assemblée générale en plein air, à laquelle ont participé quelque 1200 personnes, rendant du coup nécessaire le déplacement de l’AG, de l’habituel amphi vers la place d’Athènes, rebaptisée « place rouge » par les étudiants. Un meeting, au cours duquel des joutes animées ont opposé les adversaires du blocage, qui ont dénoncé une « mesure digne d’un régime totalitaire », à ceux qui le tiennent pour « une nécessité, puisque le gouvernement refuse tout dialogue ».

Possible intervention des CRS

Le sujet qui alimentait de nombreuses conversations en début de soirée était une possible intervention des CRS : « Le contrat des vigiles s’arrête demain (ce matin) à 6 h. Donc ça peut intervenir dès mardi soir », faisait remarquer ce responsable administratif, membre du mouvement, avant de se rassurer : « Ce serait plus intelligent d’attendre vendredi, en prévision du sommet de l’Otan. Ce serait plus légitime ».
D’autres croyaient savoir que le président Alain Beretz négociait avec la préfecture pour obtenir ce sursis, et éviter ainsi tout incident, avant une évacuation de toute façon inéluctable.

Luc Marck et Philippe Peter
L’Alsace, mardi 24 mars 2009
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