La situation s’est dégradée hier dans le patio de la fac de lettres, à Strasbourg, après le cambriolage et le saccage, dans la nuit de mercredi à jeudi, du Bureau de la vie étudiante. Plusieurs ordinateurs ont été dérobés.

Les étudiants ont été accusés par Alain Beretz, président de l’Université de Strasbourg (UdS), d’être à l’origine des dégradations. « Si ce sont les étudiants qui occupent le patio, la confiance est rompue. Si ce sont des gens extérieurs, ils sont en danger », a-t-il commenté.
Les grévistes ont immédiatement dénoncé ces propos et décidé de bloquer toutes les entrées de l’édifice. « Nous condamnons fermement ces actes dont nous sommes les premiers scandalisés », ont déclaré les étudiants dans un communiqué lu devant la foule dense qui s’est amassée, dans la matinée, devant le patio. « Nous tenons à exprimer notre désarroi face à la présidence de l’UdS qui instrumentalise l’incident afin de faire évacuer les grévistes de leur lieu d’occupation. »
Une autre explication au cambriolage est avancée par les bloqueurs : « Il pourrait s’agir d’une manipulation politique visant à décrédibiliser le mouvement. » Les militants de l’UNI et de l’extrême-droite sont clairement soupçonnés : « La violence des méthodes employées par certains étudiants « antibloqueurs » contribue à rendre crédible cette hypothèse. »
Après une première entrevue infructueuse entre une délégation de grévistes et Alain Beretz, ce dernier a posé, en fin d’après-midi, un ultimatum aux bloqueurs. Ceux-ci devaient évacuer, de leur chef, le patio, avant aujourd’hui 18 h. En cas de refus, il s’est engagé à demander une intervention policière. Hier, en début de soirée, la présidence de l’université a finalement accepté que les étudiants poursuivent l’occupation du patio jusqu’à ce matin, a-t-elle annoncé dans un communiqué.
Rappelons qu’à partir de demain, tous les campus seront fermés en prévision du sommet de l’Otan.

Corentin Bainier et Philippe Peter
L’Alsace, vendredi 27 mars 2009
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