Nouvelles échauffourées hier, mais beaucoup moins d’interpellations. Photo Hervé Kielwasser

Nouvelles échauffourées hier, mais beaucoup moins d’interpellations. Photo Hervé Kielwasser

Hier, peu après 14h, un bus et plusieurs voitures de clowns anti-Otan a été stoppés par la police dans le quartier strasbourgeois de Neudorf.

Forcés de faire demi-tour, une trentaine d’entre eux se sont finalement arrêtés devant l’église Saint-Christophe, au Neuhof, où des actions non-violentes ont été organisées. Les choses ont dégénéré avec l’arrivée d’une soixantaine de leurs camarades. Soupçonnant certains d’entre eux d’être armés, les gendarmes mobiles ont décidé de les disperser à coups de grenades lacrymogènes ou assourdissantes. Plusieurs dizaines de jeunes d’une cité proche se sont joints aux clowns, cherchant à provoquer les forces de l’ordre. Mickaël, un habitant du quartier, a tenté de raisonner les manifestants : « J’ai quatre enfants, je ne veux pas la guerre chez moi, alors rentrez chez vous ! ». L’Armée des clowns a rapidement reflué vers le village autogéré où l’attendaient environ 400 « Black blocks », prêts à en découdre avec la police. Au moins quatre barricades ont été dressées en travers de la rue de la Ganzau, dont une a été incendiée. Malgré plusieurs tentatives de médiation de la part des militants pacifistes, l’affrontement a eu lieu. Il a duré près de deux heures, les jets de pierre et de bouteilles répondant aux lances à eaux des camions allemands et aux grenades lacrymogènes ou assourdissantes des policiers. Si deux gendarmes ont été blessés par des pétards, aucun militant anti-Otan ne semble avoir été touché. Quelques interpellations ont néanmoins eu lieu. Les journalistes ont également été la cible de jets de canettes et de cailloux.

Casseurs et riverains

Profondément choqués, les habitants, qui se sont cloîtrés chez eux, n’ont pu qu’attendre la fin de l’affrontement. « Une grenade assourdissante a soulevé mon toit et fait exploser une vitre », raconte Évelyne. « Les manifestants sont venus tout récupérer dans mon jardin : poubelles, pierres, planches… ». Robert a une vive discussion avec un « Black block » : « Vous êtes soi-disant non-violents, mais il y a beaucoup de casseurs parmi vous. Vos actes desservent votre cause ». Les deux hommes se sont finalement serré la main et le calme est revenu à proximité du camp, peu après 19 h.

Philippe Peter
L’Alsace, samedi 4 avril 2009
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