Trois militants PCF, PG et NPA donnent leurs points de vue sur une union de la gauche dans la perspective des élections régionales de mars 2010.


Vincent Teston en est convaincu : « le rassemblement est la seule issue pour recomposer la gauche au terme d’un processus de plus de 25 ans d’alignement du parti hégémonique à gauche, le PS, sur les directives du marché ». Ce jeune professeur agrégé d’histoire, membre du PG, estime qu’il faut désormais dépasser les « querelles de stratégies qui masquent la profonde unité de vue antilibérale et anticapitaliste » de la gauche de la gauche. Un sentiment partagé par Célia Huertas, encartée au NPA : « L’idée d’un Front de gauche dans le cadre des élections paraît justifiée. S’unir dans les urnes comme dans les luttes me semble indispensable », explique-t-elle. Cette étudiante de 23 ans reste néanmoins sceptique quant à « l’indépendance de ce rassemblement vis-à-vis du Parti socialiste ». Selon elle, « l’unité opportuniste et éphémère ne peut répondre à l’urgence sociale et politique qui appelle une union des forces de gauche crédible et indépendante du PS ». Pour Bénédicte Dageville, « l’expérience du Front de gauche aux élections européennes a été une réussite ». La jeune militante communiste doute par contre qu’une union « solide » avec le NPA soit possible. « Le PCF et le NPA ont des objectifs trop divergents », indique-t-elle. « De plus, lors des dernières tentatives d’union de la gauche, notamment pour les européennes, le NPA n’a pas joué le jeu du rassemblement et a préféré faire cavalier seul. Pouvons-nous encore leur faire confiance ? », s’interroge-t-elle. Elle sait que sa position est minoritaire au sein du parti. « Si le Front de gauche est élargi au NPA sans garanties suffisantes, je ne sais pas si je resterais au PCF », soupire-t-elle.


Pas question d’alliance avec le PS au premier tour


Pour les trois militants, si des listes communes à gauche voient le jour, elles ne doivent pas concerner, au premier tour, le PS. « On ne construit pas un front de gauche avec le camp du TCE et du traité de Lisbonne », avertit Vincent Teston. « Le PS et les Verts ont rompu les rangs de la gauche pour relever le drapeau du blairisme », précise -t-il. « Avec ces partis, seules des fusions strictement techniques au deuxième tour sont envisageables. En cas d’alliance du PG avec le PS [dès le premier tour], je ne ferai certainement pas campagne », insiste le jeune professeur. Bénédicte Dageville considère quant à elle qu’une alliance avec les socialistes dès le premier tour n’est pas envisageable. « Nous devons garder notre indépendance vis-à-vis du PS au premier tour et faire entendre notre voix », confie-t-elle. Même « s’il n’y a qu’avec les socialistes que le Front de gauche puisse gouverner », cette collaboration ne pourra se faire que sous certaines conditions : « il faut que le PS s’accorde sur une ligne de gauche et qu’il rétablisse une certaine discipline de parti », énonce Bénédicte Dageville. C’est pourquoi elle se félicite de la réponse négative donnée par Marie-George Buffet à Martine Aubry quant à la participation du PCF à la fameuse (et fumeuse) « maison commune ». Pour Célia Huertas, « seules des fusions techniques avec le PS et les Verts, c’est-à-dire sans engagement politique ni accord d’exercice du pouvoir en commun, sont envisageables au second tour ». Il faudra toutefois que « le NPA ait obtenu les garanties nécessaires pour envisager cette union purement technique », conclut-elle.

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