Le film de Mark Neveldine et Brian Taylor comporte de très bonnes idées. Il déçoit néanmoins par son scénario mal ficelé et ses personnages plats et conventionnels.


Dommage ! Voilà résumé en un mot ce qu’inspire Ultimate game. Mark Neveldine et Brian Taylor y abordent pourtant un sujet intéressant. Les réalisateurs d’Hypertension imaginent un univers dans lequel le jeu de simulation Sim’s serait devenu une réalité. Des joueurs en ligne payent pour contrôler de vrais êtres humains et non plus des personnages virtuels. Pire, Ken Castle (Michael C. Hall), créateur de ce jeu sordide baptisé Society, va même jusqu’à transformer un jeu de first person shooter (jeu de tir subjectif) en une grande chasse à l’homme dans laquelle des condamnés à mort jouent leur libération. Slayers (tueurs) est un succès phénoménal et certains combattants deviennent de véritables stars.

Le ton est donné et le film démarre, il faut le dire, sur les chapeaux de roues. Le spectateur suit le parcours de Kable (Gerard Butler), un gladiateur des temps modernes plongé au cœur du chaos. Entre les explosions à tout va et les balles qui sifflent, les cadavres des guerriers s’amoncellent rapidement. Les ralentis, les mouvements saccadés de la caméra et les variations brutales des niveaux sonores exécutés avec une grande inspiration rendent les trente premières minutes d’Ultimate game particulièrement plaisantes. Puis, plus rien. Ou plutôt du grand n’importe quoi.

Une fois son but atteint, à savoir sortir de cet enfer morbide et cynique, Kable se transforme en vengeur sans peur et sans reproche. Il s’allie aux Humanz, des cyber-terroristes pathétiques qui tentent de contrecarrer les plans du méchant Ken Castle. Kable est bien décidé à récupérer sa femme, qui travaille pour Society et qui est dirigée à longueur de journée par un geek dégoulinant de graisse et de sueur complètement stéréotypé.

Le scénario alambiqué et basique n’est pas du tout à la hauteur du message que ses auteurs veulent faire passer et Ultimate game se transforme rapidement en un vulgaire film d’action sans grand intérêt. Certains personnages sont même franchement ridicules, comme ce tueur chargé d’éliminer notre valeureux héros. Évidemment noir et body-buildé, il passe ses journées à jouer avec son poignard et à faire craquer les os de son cou. Reste Michael C. Hall (interprète de Dexter dans la série du même nom) qui excelle dans son rôle de multimilliardaire délicieusement immoral et complètement détraqué. A réserver aux amateurs de films à grand spectacle.

Ultimate game, science-fiction, États-Unis, 2009, de Mark Neveldine et Brian Taylor, avec Gerard Butler, Michael C. Hall et Zoe Bell, sortie le 9 septembre 2009

Note : 07/20

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