La F1 serait-elle devenue un repère de nostalgiques du nazisme ? C’est en tout cas ce que peuvent laisser à penser les déclarations faisandées de Bernie Ecclestone dans un entretien publié samedi dans le Times. « À part le fait qu’Hitler s’est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j’ignore s’il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d’être efficace », a estimé le patron de la F1. Avant de se raviser et… de s’enfoncer encore, hier, dans les colonnes du quotidien allemand Bild. « Tout cela était un gros malentendu », a expliqué le Britannique de soixante-dix-huit ans. « J’ai seulement observé que, avant de commettre ses crimes horribles, il avait agi efficacement contre le chômage et la crise économique. » À grands coups de remilitarisation et de répressions, certes, mais Ecclestone n’en est plus à une ineptie près.

Si l’on en croit les délires du grand argentier de la F1, Adolf Hitler, malgré les atrocités commises, devrait sans doute se voir réhabiliter au nom d’une lutte « efficace » contre la crise économique qui – sévissait alors.

Rappelons que Max Mosley, président de la Fédération internationale de l’automobile et grand ami de Bernie Ecclestone, avait fait l’objet d’un scandale en mars 2003 après la publication d’une série de photos le montrant en tenue de SS lors d’une soirée sadomasochiste. Max Mosley est aussi le fils du fondateur de la British Union of Fascists, Oswald Mosley. Troublantes coïncidences.

Philippe Peter

L’Humanité, mardi 7 juillet 2009

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